En écho aux lectures de ce dimanche des Rameaux, m’est venu
ce chant de la comédie musicale Jésus
(Obispo)
Qui est ce Nazaréen
Qui fait des pieds et des mains
Au nom d’un Dieu qui est le tien ?
Et cette rumeur quelle est-elle ?
Qu’elle ne vienne pas donner des ailes
A ton bon peuple, à tes fidèles !
Que comptes-tu faire de la clameur
Qui pointe du doigt « l’oppresseur » ?
Épargne-moi cet imposteur !
Parc’que ton Dieu, Caïphe
Ton Dieu, c’est bien
lui le fautif !
Son pouvoir est
inoffensif !
Contre Saturne et Jupiter
Contre Vulcain, dur comme le fer
Mercure et Mars, Dieu de la guerre !
Alors dis-moi, Grand Prêtre
Ton Dieu comprend-il sa défaite ?
Devant la beauté de Vénus
L’ivresse éternelle de Bacchus
Ou sous les flèches de Phébus !
Un seul Dieu, es-tu
sérieux ?
Cela me paraît
prétentieux !
Quant à ce Nazaréen
Tant que la Judée m’appartient
Va et brise-lui les reins !
Je ne le veux pas dans mes murs
Je n'veux ici aucun murmure
Juste l'écho de mon armure.
Je te rappelle que tu es là
Parce que je veux bien de toi
Un conseil, ne me déçois pas !
Et puis ton Dieu, Caïphe
Moi je le trouve bien
chétif
Et tellement peu
compétitif !
Face à L’amour de Cupidon
Au grand royaume de Pluton
Ou la protection de Junon !
Et maintenant Grand Prêtre
Es-tu prêt à l’admettre ?
Par la faucille de Cérès
Par la noblesse de Diane chasseresse
Et par Minerve, sage déesse !
Un seul Dieu n’est pas
sérieux
Et pour un seul homme,
c’est trop peu !
(…)
Pourquoi ces hommes puissants à l’époque
de Jésus ont-ils peur de cet homme
Jésus de Nazareth ?
C’est par ce que son message,
le royaume de l’amour, est
subversif !
Dans ce royaume : « les premiers sont les derniers
et les derniers sont les premiers »
Les puissants de cette époque ont peur de Jésus parce que
c’est un homme libre.
Il est un homme libre parce qu’il a remis sa vie dans les
mains de Dieu, le maître de l’histoire.
Jésus fait parti de ces hommes qui ne mettent pas leur
confiance dans les vanités de ce monde (les idoles que sont l’argent, le
pouvoir, le sexe, les mondanités… les
bonheurs illusoires) mais qui mettent leur foi en Dieu SEUL qui jugera le
monde. Ces hommes libres n'ont plus peur de la mort. Ils peuvent donner leur vie librement par
amour.
Il n’y a de véritable liberté que celle qui est orientée vers
l’autre, vers le bien commun.
Une liberté,
donnée par Dieu, qui est au service du plus petit et du plus vulnérable, une
liberté dans l’amour.
Une liberté qui
n’hésite pas à s’abaisser (cf. hymne aux Philippiens 2) à l’image du pape
François qui à 82 ans s’est abaissé et a embrassé les pieds des dirigeants
sud-Soudanais pour leur implorer la PAIX, ces jours-ci.
Voilà la bonne nouvelle.
Ce qu’il y a de fou et de faible
dans le monde, ce qu’il y a d’insignifiant dans ce monde, voilà ce que Dieu a choisi pour
confondre les puissants qui mise de la force pour assurer leur pouvoir.
Certains diront : c’est
trop peu !
Un seul Dieu n’est pas sérieux
Pour un seul homme, fût-il son fils,
C’est trop peu…
Un seul Dieu contre mes Dieux
Pour un seul homme, fût-il son fils,
Son fils … C’est trop peu
Et pourtant ! Notre Dieu est l’unique
Seigneur de ce monde ! une Seigneurie qui n’est autre que sa souveraine liberté
dans l’Amour qui se manifeste dans l’obéissance de Jésus à son
Père (jusqu’au sacrifice de sa vie) et dans l’offrande qu’il fait de sa vie
pour nous. C’est cette solidarité amoureuse qui nous sauve.
Il n’y a pas d’idoles ou d’idéologies qui tiennent devant la
puissance libératrice de l’amour miséricordieux de Dieu envers nous.
C’est ce que va révéler une nouvelle fois la grande liturgie
du Triduum Pascal…
Après le dernier repas
(Jeudi) et la passion du Seigneur
mort sur la croix (Vendredi) nous nous retrouverons dans la nuit de Pâques au cours de laquelle
nous exulterons à cause de la victoire de notre Dieu sur les puissances mortifères et sur la mort
car Dieu a ressuscité Jésus le crucifié.
Il n’est plus ici dans le tombeau
il est ressuscité. Alléluia !
homélie
prononcée par Jean-Emmanuel Garreau, église Saint Paul du Sanitas, dimanche des
Rameaux 2019.
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