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dimanche 12 mars 2017

Visionnaires et acteurs du projet de Dieu

Abraham, Paul, Jésus.
Tout trois sont porteurs d’une vision d’Avenir, une promesse.

Abraham, en regardant le ciel étoilé depuis Haran, entend la voix de Dieu : « Va vers le pays que je te montrerai… Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, tu deviendras une bénédiction ».


Paul écrit à Timothée son fils spirituel et lui parle du dessein bienveillant de Dieu pour l’humanité : « Dieu nous a donné une vocation sainte, 
non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce ».
Paul voit le projet de Dieu pour le monde, projet de la Grâce qui s’est manifesté en Jésus.

Jésus transfiguré sur la montagne est lui-même cette vision d’Avenir. Au-delà de la mort, la Résurrection est manifestation de la Gloire qui nous est promise : Promesse d’être illuminé par Dieu. Promesse d’entrer dans la Communion du Père, du Fils et de l’Esprit Saint.
Les disciples qui sont témoins de la Transfiguration de Jésus goûte à cette joie du Ciel, cette joie d’entrer dans la présence de Dieu. Les mots leur manquent pour exprimer ce qu’ils ont vu : la lumière, la nuée … cette joie et cette paix qui descendent sur eux, qui débordent de leur cœur – cet état de Béatitude fait dire à Pierre « Dressons trois tentes », « c’est tellement c’est bon d’être là ! » on voudrait y rester toujours.

Abraham, Paul, Jésus et maintenant les disciples sont porteurs d’une vision qui oriente leur marche. Cette promesse de la Béatitude leur ont permis d’affronter les difficultés du chemin, les épreuves, les souffrances. Saint Paul le dit à Timothée : tout orienté vers ce projet bienveillant de Dieu « prend ta part de souffrance pour annoncer l’Evangile ».

La question qui se pose à nous c’est : comment sommes-nous porteurs de ce projet de Dieu, de sa vision pour le monde ? comment reconnaître sa volonté et devenir nous-mêmes acteurs du plan de Dieu en répondant à son appel ?

L’Evangile est clair : la voix de Dieu nous met sur la voie : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve toute ma joie : ECOUTEZ LE ! »

« Ecoutez le » : prenons nous le temps de prier et de lire les Ecritures chaque Jour ? Comme le disait le pape la semaine dernière : « si nous prenions soin de notre Bible comme nous prenons soin de notre téléphone portable ! » Regardons objectivement combien nous passons de temps à écouter les multiples médias et notre téléphone en comparaison avec le temps que nous consacrons à écouter le Seigneur ! 
Certains me disent : « moi Dieu il ne me parle pas… existe-t-il vraiment ? »
Mais si nous n’ouvrons jamais la Bible, nous nous privons d’une des principales voies de communication avec lui. C’est comme si vous attendiez un message ou un coup de fil de quelqu’un et que vous laissiez votre téléphone éteint ! 

Prier en méditant les Ecritures, c’est se familiariser jour après jour à sa PAROLE ; c’est progressivement discerner le projet de Dieu pour le monde, pour l'Eglise et pour moi. C’est envisager le monde selon le scénario de Dieu - c'est-à-dire « un avenir de paix et une Espérance » (Jr 29,11). Un projet qui vient contredire les scénarios de ceux qui veulent imposer leur propre scénario à nos esprit : soit une vision de terreur (terroristes), soit une vision d'un monde sans Dieu. Visions d'un monde qui se désespère de lui-même lorsqu’il cherche à se sauver lui-même...

Choisir de m'arrêter pour prier chaque jour c’est « Quitter » comme Abraham, c’est "prendre de la hauteur" comme Jésus, vis-à-vis de mes soucis quotidiens, des événements de ma vie et du monde… pour entrer dans la VISION de DIEU : voir le monde avec SES yeux ? découvrir ce à quoi il m’appelle pour être ACTEUR du PLAN de DIEU ! 

Je pense à Sainte Jeanne d’Arc. Porteuse de cette vision transmise par Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, elle a renversé une situation jugée sans espoir pour la France selon les yeux humains. Jeanne voyait clair, elle voyait avec les yeux de Dieu. Animée de sa foi de son courage, elle réécrit l’histoire avec un scénario inédit et inimaginable. Animée de cette vision, elle a affronté les épreuves jusqu’à la mort. Elle est devenue actrice du plan de Dieu qui, grâce à elle, a ouvert un nouvel avenir pour notre pays. Et nous pourrions parler de la même manière des petits voyants de L'Ile-Bouchard en 1947.

Voilà ce à quoi nous sommes appelés en participant à son « projet ». Et un chrétien qui n’a pas cette vision, qui n’est pas animé par cette Espérance et cette confiance en Dieu seul, est une proie facile pour notre Ennemi, le Malin.

Voilà pourquoi, chaque dimanche, nous nous réunissons en Eglise : nous écoutons la Parole de Dieu, l’Evangile et nous nous approchons de l’autel où le Seigneur nous dévoile sa Gloire divine de manière cachée dans le pain et le vin, signes de sa présence au milieu de nous : anticipation de la Gloire qu’Il nous réserve ; communion à laquelle nous pouvons d’ores et déjà participer. 
Ah si seulement nous étions en mesure de prendre conscience de la GRANDEUR de ce Mystère !
Nous serions comme les disciples au mont Thabor !

Seigneur nous allons maintenant célébrer l’Eucharistie. 
Au milieu de toutes les questions qui se posent à nous sur le sens de nos souffrances, sur le sens du monde qui nous paraît souvent obscur et confus, Viens te révéler à nous dans ta grande lumière comme pour tes apôtres. Qu’illuminés par ta Vision, nous comprenions et devenions les acteurs du « projet de Dieu ».    Amen
P. Jean-Emmanuel, d’après l’homélie du 2ème dimanche de Carême en l’église Saint Martin de Ligueil.




lundi 22 août 2016

En quête de la couronne de Gloire qui ne se fane pas...

        « Seigneur, n’y a t-il que peu de gens qui soient  sauvés ? »
Voici la question posée à Jésus dans l’Évangile (Lc 13,22-30).
A l’heure où se termine les Jeux Olympiques de Rio, j’aimerai éclairer cette question du Salut avec la métaphore du sport en citant Saint Paul (1 Co 9, 24-27). Paul parle en effet du salut comme d’un prix à remporter :
Vous savez bien que, dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors, vous, courez de manière à l’emporter.
Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas.
Moi, si je cours, ce n’est pas sans fixer le but ; si je fais de la lutte, ce n’est pas en frappant dans le vide.
Mais je traite durement mon corps, j’en fais mon esclave, pour éviter qu’après avoir proclamé l’Évangile à d’autres, je sois moi-même disqualifié.

Le but de notre vie
Cette « couronne qui ne se fane pas », ce prix à remporter n’est-ce pas être sauvé, sanctifié, justifié? mais qui peut-être sauvé ? La réponse de Jésus est déroutante au premier abord: « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite car… beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas ». D’une autre manière Saint Paul semble aboutir à la même conclusion : il faut bien des efforts pour PEU d’élus à la fin !

Retournement de l’Evangile
Mais il faut aller plus loin car la dernière phrase du passage d’Evangile indique que doit s’opérer en nous un changement de perspective : « Oui il y a des derniers qui seront premiers, et de premiers qui seront derniers »

A y regarder de plus près, Jésus présente deux manières d’envisager le Salut, cette « entrée dans le Royaume de Dieu » :
  1. La première consiste à vouloir se sauver par soi-même en cherchant à gravir l’une après l’autre les marches de la perfection pour se hisser à la première place. Mais Jésus nous prévient ce chemin est ardu, étroit… c’est beaucoup d’efforts pour peu d’élus. C’est aussi le danger de tomber dans cette hérésie qu’est le pélagianisme qui a trouvé en occident une nouvelle forme dans l’idéologie du progrès des temps modernes.
  2. La seconde voie est de mettre notre confiance en Dieu qui seul peut nous sauver ; et cela à l’exemple de nos Pères dans la foi : Abraham, Isaac et Jacob et aussi les prophètes. « Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume  de Dieu. »…
Que faut-il comprendre de la réponse paradoxale de Jésus ?
Jésus est catégorique : ce n’est pas nous qui pouvons nous sauver nous-mêmes même avec toute notre bonne volonté, nos efforts, nos mérites… la pratique des vertus, nos efforts pour essayer de faire le bien, être charitable… pour évangéliser… pour prier, venir à la messe…
Pour le dire autrement ce ne sont pas nos ŒUVRES que nous peuvent nous sauver ; mais SEUL DIEU nous sauve !
Comprenons bien : le but de notre vie, ce à quoi Dieu nous appelle c’est la vie de Sainteté – « la sanctification » – c’est-à-dire : vivre dans la communion avec Dieu et les hommes (c’est la vision du prophète Isaïe 66). Mais la sainteté ce n’est pas gravir les escaliers de la perfection… la sainteté n’est pas un accomplissement de soi par ses propres mérites ; mais la « sainteté est d’abord un vide que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à la plénitude » (Eloi Leclerc) 
Car aux yeux de Dieu PERSONNE n’est JUSTE : « éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice ». Mais le vrai nom de Dieu c’est qu’il est le MISERICORDIEUX !
            Les deux plus grands athlètes de tous les temps des Jeux Olympique ont bien découvert cette miséricorde de Dieu – Ce Dieu qui vient nous chercher dans notre misère parce qu’Il est BON, Tendre et rempli de compassion.  

Michael Phelps, interviewé raconte que ni les médias ni les médailles n’ont réussi à combler son vide intérieur et à le détourner de ses pensées suicidaires. Grâce à des amis, il a retrouvé le chemin vers Dieu. Et avec la grâce de Dieu, Phelps a été sauvé du gouffre et ramené à la vie. Son succès l’emmène encore sur les podiums, et les médias continuent de le vénérer comme un dieu, mais cette fois-ci Phelps sait qui il est et ce qu’il vaut. Il comprend que les médailles d’or, quel que soit leur nombre, n’ont pas le pouvoir de le sauver. Et il déclare « tout cet or ne peut briller sans Dieu »

 UsainBolt : Il est catholique et très croyant… Il n’en parle pas beaucoup, mais autour du cou, il porte une médaille plus puissante que toutes ses médailles d’or : la médaille miraculeuse. Grâce au champion jamaïcain, Marie est devenue la figure la plus priée parmi les coureurs. Dernièrement il a tweeté ce message : « Tout est possible avec Dieu… Je vais tout donner à l’entraînement aujourd’hui #thankuGod

Seigneur, nous te rendons grâce pour ta miséricorde… tu es si bon pour nous ! Notre désir Seigneur est de remporter ce prix, cette couronne de Gloire dont tu remets à tes saints. Toi seul est le Très Haut… nous nous en remettons humblement à toi.   Amen

P. Jean-Emmanuel, église Saint Martin de Ligueil, d’après la prédication du 21 août 2016.

dimanche 31 juillet 2016

Quelle folie ?

« Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie… »
  Bien sûr, cette semaine, nous avons en tête cette folie meurtrière qui s’est emparée de deux jeunes qui ont assassinés le Père Jacques Hamel. Mais DIEU lui même nous met en garde contre une autre folie celle de vivre notre vie, « en amassant pour soi-même au lieu d’être riche en vue de Dieu ».
la folie d'une vie donnée
  J’imagine le Père Jacques arrivé au Ciel auprès de Dieu et des saints. Qu’est-ce qu’il nous dirait de ces événements ?  Je crois, assurément, qu’il nous dirait : sa joie d’une vie donnée. Sa vie, comme prêtre auprès des plus petits de l’Evangile dans cette banlieue de Rouen, il l’a offerte à Dieu. Personne n’a pu lui prendre même pas son assassin car sa vie, il l’a déjà donnée à Dieu.

la folie sécuritaire
  A contrario, voilà donc le plus grand des malheur, la plus grande des folie : celle d’amasser pour soi-même, de garder sa vie pour soi, de vouloir la « sécuriser » pour ne pas la perdre. Mais c’est pure folie nous dit DIEU lui-même.
  Et quel contraste entre les discours politiques et médiatiques ultrasécuritaire et polémiques (aux Etats-Unis, Russie, France…) et l’Evangile qui nous invite à être riche en vue de Dieu.
  Le pape François lors de la veillée de prière du samedi soir aux JMJ a mis en garde contre le danger de la paralysie qui nait « lorsqu’on confond le BONHEUR avec un DIVAN! Oui, croire que pour être heureux, nous avons besoin d’un bon divan. Un divan qui nous aide à nous sentir à l’aise, tranquilles, bien en sécurité. (…) »
  Mais le pape poursuit : « la vérité est autre : chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour « végéter », pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte (…). Mais quand nous choisissons le confort, en confondant bonheur et consumérisme, alors le prix que nous payons est très mais très élevé : nous perdons la liberté ».
  En écho la parabole de l’Evangile dénonce l’attitude de cette homme consumériste, hédoniste qui après avoir amasser des richesses s’assoupit dans son « divan ». Mais c’est de la FOLIE ! dit Dieu car « ce soir je reprend ta vie ».
« là où est ton trésor, là aussi est ton cœur »
  La mort qui frappe des innocents aveuglement ces derniers mois convoque chacun à répondre à cette question de Dieu : « ce que tu auras accumuler : tes richesses financières, immobilières, tes privilèges, ta place dans la société… à qui le donnons-nous ? »
  Dans l’Evangile, Jésus nous interpelle « là où est ton trésor, là aussi est ton cœur ».
A qui appartient notre cœur ? A qui appartient notre vie ?
Amassons nous en vue de nous-mêmes pour préserver le confort de notre divan ? ou en vue de Dieu ?
Face à la mort inéluctable qui vient, que faisons nous de notre vie ?
Résonne alors la Parole de Dieu de ce jour : « Vanité des Vanités, tout est Vanité » dit le sage Qohèleth (1, 2...). Toute recherche de puissance, de pouvoir, de richesse, de sécurité, de réputation… tout cela est vain, tout cela n’est que « fumée ».
Saint Paul (Col 3) nous dit « faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre » !
A qui appartient notre cœur ?
S’il appartient seulement à la terre, nous sommes les plus malheureux des hommes car au jour où nous perdrons la santé, la vie nous serons sans ressource, perdus… et nous ne vivons que pour survivre à l’heure fatale et inéluctable de la mort qui vient et qui ne laissera que poussière derrière elle.
Au contraire nous dit Saint Paul : « frères si vous êtes ressuscité avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut… » Non pas qu’il faille déserter la terre mais au sens où la promesse de notre baptême nous appelle à une VIE qui appartient au Ciel et à DIEU que rien ne peut nous ravir. Car « Rien ne peut nous séparer de l’Amour du Christ… ni la détresse… ni les « démons »… ni la mort » (Rm 8) . Appartenir à Dieu nous donne une grande liberté comme chrétien en ce monde.
Le pape François a interpelé les jeunes à ce propos
« Chers amis, Jésus est le Seigneur du risque, du toujours « au-delà ». Jésus n’est pas le Seigneur du confort, de la sécurité et de la commodité. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à changer le divan contre une paire de chaussures qui t’aideront à marcher, sur des routes jamais rêvées et même pas imaginées, sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons, capables de propager la joie, cette joie qui naît de l’amour de Dieu, la joie que laissent dans ton cœur chaque geste, chaque attitude de miséricorde. Aller par les routes en suivant la « folie » de notre Dieu qui nous enseigne à le rencontrer en celui qui a faim, en celui qui a soif, en celui qui est nu, dans le malade, dans l’ami qui a mal tourné, dans le détenu, dans le réfugié et dans le migrant, dans le voisin qui est seul. Aller par les routes de notre Dieu qui nous invite à être des acteurs politiques, des personnes qui pensent, des animateurs sociaux. Il nous incite à penser à une économie plus solidaire. Dans les milieux où vous vous trouvez, l’amour de Dieu nous invite à porter la Bonne Nouvelle, en faisant de notre propre vie un don fait à lui et aux autres (…). »
« Faire de notre vie un don à lui et aux autres » 
c’est une autre manière de dire « être riche en vue de Dieu »
A qui appartient notre cœur, à qui le donnons nous ?
Je termine avec le témoignage de Sœur Hélène qui a vécu sous ses yeux l’assassinat du Père Jacques. Le jeunes agresseur lui demande : « as-tu peur de mourir ? » Elle répond « non ».
_Pourquoi ? _ « Je crois en Dieu et je sais que je serai heureuse » et elle de se dire en elle-même : « Pensant que j’allais mourir, intérieurement, j’ai offert ma vie à Dieu »


P. Jean-Emmanuel, homélie du 18ème dimanche du TO à l’église Saint Martin (Ligueil)

Bonus en musique : Ma Folie (groupe Nannup)


mercredi 27 juillet 2016

Seul un Dieu peut nous sauver

Démasquer le mal qui nous frappe
   Pas un jour ne passe désormais sans que nous soyons informés de nouveaux attentats. Dans ce nouveau siècle qui commence véritablement, rien ne peut plus nous assurer que demain nous ne serons pas touchés par cette folie qui tue aveuglément des innocents.
   Nous nous interrogeons : pourquoi cette souffrance ? Pourquoi ce mal à l’œuvre en notre monde ?
Les politiques et les media en perdent la tête cherchant des explications, se rejetant la responsabilité. Certes il nous faut chercher à comprendre humainement ce qui se passe pour agir en conséquence. 
Mais comme pour les générations qui ont connu les drames du XXe siècle, nous sommes dépassés par l’ampleur de ce mal sans visage si ce n’est le visage de ces hommes dépersonnalisés. Nommer ce mal avec des incantations tel « Daech », « terrorisme » ne suffit plus.

  Notre tradition judéo-chrétienne et aussi la tradition musulmane ont d’autres ressources pour démasquer ce mal et l’ « envisager ». Elles parlent unanimement de « démons » (=puissances), « diable » (=diviseur), « satan » (=adversaire). Autant de mot pour dire que ce mal a aussi une origine « spirituelle ». Dès lors le combat contre le mal se gagne aussi et d’abord sur un champ de bataille « spirituel ». La sécularisation du monde a conduit à restreindre notre représentation du monde au seul horizon de la terre. Les matérialismes aussi bien marxiste que libéral-consumériste – avec leurs promesses de bonheur terrestre – nourris d’une idéologie scientiste et positiviste ont exclu de leur champ de conscience ce monde spirituel que les époques antique et médiévale connaissaient bien. Cet a priori athéiste ou agnostique inculqué dans notre « éducation nationale » rend nos contemporains « aveugles » des véritables forces en présence.

Le véritable combat
   C’est le véritable sens du « combat spirituel », nommé dans l’Islam : « dhjiad ». Le combat contre le mal se joue d’abord sur le champ de bataille spirituel, en nous. L’enjeu du combat est notre propre conversion au Bien. Saint Paul écrit aux chrétiens d’Ephèse (Eph 6) :

Enfin, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force.
11 Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable.
12 Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes.
13 Pour cela, prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon.
14 Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice,
15 les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix,
16 et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais.
17 Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu.
18 En toute circonstance, que l’Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles.

Le "Mystère caché" de notre monde
La question est alors quel est le sens de ce combat ? Quel est le sens de cette histoire ?
Il nous faut ouvrir la Bible pour y découvrir « le mystère qui était caché depuis toujours à toutes les générations » (Col 1, 26). En lisant la Bible, nous découvrons l’histoire du Salut, l’histoire d’un Dieu qui s’est lié à un peuple et qui est déterminé à le sauver. Un Dieu tellement déterminé qu’il s’est fait homme. Et sa détermination est telle ! qu’il va jusqu’à vivre la passion et mourir sur une croix. 
« Ma vie personne ne la prend, c’est moi qui la donne » (Jn 10,18). 
  
  Ce salut acquis par le sacrifice de sa vie est révélé dans la lumière de sa Résurrection qui atteste que l’Amour est plus fort que les forces de ténèbres qui ont conduit à faire mourir cet innocent, lui qui est le Fils de Dieu. Désormais, « rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ » (Rm 8, 35-38), il nous a aimé « jusqu’à l’extrême » (Jn 13,1).
Celui qui a  été saisi par ce grand amour, n’a plus peur de rien ! ni même la mort !
Ecoutons Jésus (Lc 12)
04 Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus.
05 Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre.
06 Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu.
07 À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux.

Voici donc le sens caché de notre monde. Paul le résume en cette formule :
« Car Dieu a bien voulu leur faire connaître en quoi consiste la gloire sans prix de ce mystère parmi toutes les nations : le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire ! » (Col 1, 27)

Wake up ! Notre Espérance c'est le Christ !
Réveillons-nous chrétiens ! Sortons de l’aveuglement général à propos de ce que nous vivons ! Notre espérance, c’est le Christ, mort pour nous et Ressuscité ! il est le véritable SEIGNEUR, le ROI de l’univers, Maitre le l’Histoire.
Si nous comptons sur nos propres forces et nos petits raisonnements restreints nous sommes perdus en ce monde. Car SEUL un DIEU peut nous SAUVER du mal. Nous le redisons dans la prière du Notre Père : « Délivre nous du mal ».

Que devons nous faire ?
Suivre Jésus dont la prédiction se résume à
« Convertissez-vous »
Comment ? En pratiquant les œuvres de miséricorde (cf. bulle du pape François pour le Jubilé)
La seule résistance que nous pouvons opposer de manière efficace contre le mal est le Sainteté !
« Croyez à l’Evangile »
Dans Isaïe 7, il est écrit « Si vous ne croyez pas vous ne pourrez pas tenir ». Seule la foi peut nous sauver. Croire en Dieu c’est pratiquer sa foi par la prière, la célébration des sacrements de l’Eglise, la charité, l’annonce de la Bonne Nouvelle, l’engagement pour le dialogue et la paix.
Croire ou pas ? est une question aujourd’hui de vie ou de mort !
Notre espérance : « Le Règne de Dieu est tout proche » (Mc 1, 15)
Dieu Seul peut nous sauver et il est déterminé à le faire dans notre pays et dans le monde.

Sommes nous prêts à nous convertir, à croire et le suivre en accueillant son Règne dans nos cœurs en manifestant ses oeuvres de miséricorde ?