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dimanche 30 septembre 2012

La critique des "Maîtres du soupçon" - les racines de l'incroyance (2)


ü  Freud : pour lui la religion n’est en définitive qu’une réponse élaborée par l’homme à son besoin de sécurité et de protection. Quand mon père sur terre ne peut plus rien pour moi, je m’inventerais un père qui est aux cieux pour combler ce vide et ce besoin de protection.
« Les idées religieuses qui professent être des dogmes, ne sont que le résidu de l’expérience ou le résultat final de la réflexion : elles sont des illusions, la réalisation des désirs les plus anciens, les plus forts, les plus pressants de l’humanité ; le secret de leur force, est la force de ses désirs. Nous le savons déjà : l’impression de détresse infantile avait déjà éveillé le besoin d’être protégé - besoin auquel le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme s’est cramponné à un père plus puissant. L’angoisse humaine en face des dangers de la vie s’apaise à la pensée bienveillante de la Providence divine… » (Freud, l’avenir d’une illusion)

ü  Marx : la religion comme opium du peuple
Pour Marx : la religion sert à maintenir les injustices, la division et la misère existant dans le monde profane, sans l’entamer.


ü  Nietzsche : « le paradis est une invention des faibles »
La critique de Nietzsche de son côté repose sur l’hypothèse que « le paradis est une invention des faibles » : l’homme vit souvent par ressentiment, c’est-à-dire que lorsqu’il est humilié, blessé, faible il fait l’éloge de la faiblesse et dénigre la volonté de puissance. Ainsi lorsque l’Evangile dit : « les derniers sont les premiers » Nietzsche y voit la trace d’un ressentiment : « ces faibles aussi veulent être un jour les plus forts, point de doute, un jour leur « Royaume » aussi doit venir ».
Mais j’aimerai faire à mon tour la « Généalogie de la généalogie de la Morale » de Nietzsche. a philosophie,  elle se fonde sur  l’expérience de l’absence de Dieu. Sa vie de souffrance (la maladie) le conduit à l’angoisse du nihilisme…
C’est ce que traduit son fameux  texte: l’insensé en plein midi. « où est Dieu ? » dans le gai savoir, III, 125.

Le dément (insensé). — N'avez-vous pas entendu parler de ce dément qui, dans la clarté de midi alluma une lanterne, se précipita au marché et cria sans discontinuer : « Je cherche Dieu! Je cherche Dieu! » — Étant donné qu'il y avait justement là beaucoup de ceux qui ne croient pas en Dieu, il déchaîna un énorme éclat de rire. S'est-il donc perdu? disait l'un. S'est-il égaré comme un enfant? disait l'autre. Ou bien s'est-il caché? A-t-il peur de nous? S'est-il embarqué? A-t-il émigré? — ainsi criaient-ils en riant dans une grande pagaille. Le dément se précipita au milieu d'eux et les transperça du regard.
« Où est passé Dieu? lança-t-il, je vais vous le dire! Nous l'avons tué, — vous et moi! Nous sommes tous ses assassins! Mais comment avons-nous fait cela? Comment pûmes-nous boire la mer jusqu'à la dernière goutte? Qui nous donna l'éponge pour faire disparaître tout l'horizon? Que fîmes-nous en détachant cette terre de son soleil? Où l'emporte sa course désormais? Où nous emporte notre course? Loin de tous les soleils? Ne nous abîmons-nous pas dans une chute permanente? Et ce en arrière, de côté, en avant, de tous les côtés? Est-il encore un haut et un bas? N'errons-nous pas comme à travers un néant infini? L'espace vide ne répand-il pas son souffle sur nous? Ne s'est-il pas mis à faire plus froid? La nuit ne tombe-t-elle pas continuellement, et toujours plus de nuit? Ne faut-il pas allumer des lanternes à midi? N'entendons-nous rien encore du bruit des fossoyeurs qui ensevelissent Dieu? Ne sentons-nous rien encore de la décomposition divine? — les dieux aussi se décomposent! Dieu est mort! Dieu demeure mort! Et nous l'avons tué! Comment nous consolerons-nous, nous, assassins entre les assassins? Ce que le monde possédait jusqu'alors de plus saint et de plus puissant, nos couteaux l'ont vidé de son sang, — qui nous lavera de ce sang? Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier? Quelles cérémonies expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? La grandeur de cet acte n'est-elle pas trop grande pour nous? Ne nous faut-il pas devenir nous-mêmes des dieux pour apparaître seulement dignes de lui? Jamais il n'y eut acte plus grand, — et quiconque naît après nous appartient du fait de cet acte à une histoire supérieure à ce que fut jusqu'alors toute histoire! »
— Le dément se tut alors et considéra de nouveau ses auditeurs : eux aussi se taisaient et le regardaient déconcertés. Il jeta enfin sa lanterne à terre : elle se brisa et s'éteignit.
« Je viens trop tôt, dit-il alors, ce n'est pas encore mon heure. Cet événement formidable est encore en route et voyage, — il n'est pas encore arrivé jusqu'aux oreilles des hommes. La foudre et le tonnerre ont besoin de temps, la lumière des astres a besoin de temps, les actes ont besoin de temps, même après qu'ils ont été accomplis, pour être vus et entendus. Cet acte est encore plus éloigné d'eux que les plus éloignés des astres, — et pourtant ce sont eux qui l'ont accompli. »


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samedi 29 septembre 2012

Acte 1 : Les racines de l’incroyance (1)


1.     
La révolution copernicienne de la pensée 
Au XVIè siècle, les nouvelles découvertes de la science viennent remettre en cause nos représentations du monde. Descartes l’exprime en philosophie. Il se dit « puisque que je perçois que mes sens me trompent puisque je découvre que ce n’est pas le soleil qui tourne autour de la terre mais en réalité le contraire, il convient reprendre tout à zéro pour refonder sur de bonnes bases ». C’est pourquoi il met en place la méthode du doute afin de voir ce qui résiste au doute… La seule certitude qui lui reste après avoir douté de tout, c’est qu’il doute, si il doute c’est qu’il pense et il en arrive à ce fondement du «  cogito, ergo sum » = je pense donc je suis ! Toute la philosophie opère alors un retournement appelé aussi « révolution copernicienne de la pensée ». Le fondement de toute connaissance ce n’est pas le monde ou même Dieu, c’est le cogito : « je suis » c’est-à-dire le Sujet.
Avec Descartes, Dieu n’est plus que la « garantie » de mon existence mais il n’est plus le Dieu de l’Alliance. Face à l’émergence de ce déisme et de l’incroyance, Pascal propose une réponse : c’est le fameux pari de la foi. Il fait le choix du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob et non pas le dieu des philosophes.


2.      Philosophie des lumières : l’émergence de l’humanisme
Avec Kant, les liens entre la foi et la raison se distendent. La « Raison pure » ne peut conclure sur l’existence ou l’inexistence de Dieu. Dieu devient un postulat de la raison pratique si bien qu’il écrit : « J’ai remplacé le savoir par la foi ».

3.      XIXème siècle : naissance de l’athéisme
§  Hegel : le christianisme est la religion achevée. C’est la religion qui contient la vérité spéculative la plus parfaite de Dieu. Voie rationaliste.
§  développement du positivisme (Auguste Comte : il n’y a de vérité que de vérité scientifique…)
§  Feuerbach : fondateur de l’athéisme (rationnel ≠ militant)
Feuerbach critique le christianisme : Dieu ne serait que la projection de l’idéal de l’homme. Tout ce que la religion attribue à Dieu : bonté, amour intelligence… vient de l’homme. Il écrit « la conscience de Dieu est la conscience du soi de l’homme ». Il veut sortir de l’idéalisme ; « Dieu » est une invention, une illusion, de l’ordre de l’imaginaire ; supprimer l’arrière-monde.


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vendredi 28 septembre 2012

To Believe or not To Believe, That’s the question


Certains croient que Dieu existe. La plupart des religions affirment son existence. D’autres pensent qu’il n’existe pas. D’autres enfin sont indifférents ?
« Je crois… »   Ce sont les premiers mots du credo.
Mais qu’est-ce que je dis quand je prononce ces mots ?
Qu’est-ce que la foi ?  CERTITUDE ? EVIDENCE ?
La foi s’oppose-t-elle à la raison ?
Comment répondre de ma foi face aux objections de l’athéisme, du malheur... dans un monde où Dieu est ressenti comme absent ?...


La question du « croire » ou du « ne pas croire » se situe dans un contexte historique tout particulier : aujourd’hui : croire en Dieu peut paraître étrange/exotique/provocant face à une société hédoniste qui propose un bonheur facile et un peu factice dans la satisfaction des plaisirs et jouissance procurée par les biens matériels.

Les évêques dans la lettre aux catholiques de France (1996) font le constat :
Auparavant, on assistait à une transmission de génération en génération des valeurs, des repères, des savoir-vivre ; dans ce cadre il y avait aussi une transmission de la foi qui se faisait « naturellement » ; or désormais nous vivons dans une société plurielle qui est en profonde mutation. Le christianisme a subi ainsi le choc de la  généralisation de l’esprit critique, de la rencontre des cultures, du progrès des techniques.

Céline : Aujourd’hui, il n’est plus évident de croire en Dieu, cela ne fait plus partie de notre identité « naturelle », mais demande de poser véritablement un acte de foi, ce que nous faisons lors de la récitation du Credo : « je crois ».

JEG : Les évêques rappellent aussi que nous vivons dans un monde sécularisé marqué par le principe de laïcité : nous sommes sortis de l’ère de la chrétienté.
Dans ce nouveau contexte, il y a toujours le danger de la nostalgie (retour à la chrétienté…) ou de la résignation (mort du christianisme…). Au contraire, nous sommes invités à percevoir ce nouveau contexte comme un appel à garder le cap de l’espérance : s’engager à envisager la nouveauté du don de Dieu, qu’est la foi, aujourd’hui !

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samedi 15 septembre 2012

Vivre sa foi à l'école des Saints

Il était une fois un célèbre monastère qui passait par des temps difficiles. Ses nombreux bâtiments avaient regorgé de jeunes moines, et sa grande église avait résonné de chants. Maintenant, il était désert. Une poignée de moines traînaient leurs pas dans les cloîtres et louaient Dieu, le cœur gros.
A la lisière du bois du monastère, un vieux rabbi avait construit une petite cabane. Il y allait de temps à autre pour jeûner et prier. Personne ne lui adressait la parole, mais chaque fois qu'il faisait son apparition, les moines se sentaient soutenus par sa présence priante.
Un jour, le Père Abbé décida de rendre visite au rabbi et de lui ouvrir son cœur. Les deux hommes s'embrassèrent comme deux frères qui s'étaient perdus de vue depuis longtemps. Le rabbi invita l'Abbé à entrer. Au milieu de la pièce, il y avait une table de bois où était posée une Bible. Ils s'assirent un long moment devant le livre. Alors le rabbi commença à pleurer. L'Abbé ne put se retenir; il couvrit son visage de ses deux mains et se mit à pleurer lui aussi. Les deux hommes se tenaient là comme des enfants perdus. Quand les larmes cessèrent de couler et que le calme fut revenu, le rabbi leva la tête et dit: « Vous et vos frères, vous servez Dieu avec un cœur gros. Vous êtes venu me demander un enseignement. Je vais vous en donner un, mais vous ne pourrez le répéter qu'une seule fois. Après cela, personne ne devra le redire à haute voix. » Le rabbi regarda l'Abbé droit dans les yeux et lui dit: « Le Messie est parmi vous ».
Le lendemain, le Père Abbé rassembla ses moines et leur dit : « Le rabbi m'a donné un enseignement qui ne devra jamais plus être répété à haute voix. Il m'a dit que l'un de nous était le Messie ». Les moines tressaillirent. Qu'est-ce que cela peut bien signifier? Est-ce le Frère Jean ? Ou le Père Matthieu ? Suis-je, moi, le Messie ? Us furent tous fort embarrassés, mais n'en parlèrent plus. Avec le temps, les moines commencèrent à se traiter l'un l'autre avec un respect tout particulier. Il y avait maintenant parmi eux un je-ne-sais-quoi de gentil, de cordial, d'humain. Ils vécurent comme des hommes qui avaient fini par trouver. Ils prièrent comme des hommes qui cherchaient.
Avant longtemps, les gens vinrent de tous côtés pour se nourrir de leur prière. Des jeunes demandèrent de nouveau à entrer dans la communauté.

petite histoire proposée par Fr Thibaut du Pontavice, prieur du couvent des dominicains de Tours à l'occasion du lancement de l'aumônerie des lycées de Tours le Vendredi 21 septembre 19h30 à 22h00 (8 rue Bernard Palissy ou 1 quater rue Jules Simon)

thème d'année : "Vivre sa foi à l'école des Saints"

vendredi 14 septembre 2012

« Maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance et la charité » (1 Co 13,13)

Au terme de cette lettre, je veux rendre grâce au Seigneur pour les merveilles qu’Il fait et fera au milieu de nous cette année. « Levez les yeux et regardez les champs qui se dorent pour la moisson » (Jean 4, 35). Rendre grâce pour ceux qui ont répondu à l’appel de servir comme nouveaux responsables de la Mission étudiante, Michèle et Gilles Capou, pour Christelle et pour les membres de l’équipe d’animation pastorale. Cette année, cette mission reposera davantage encore sur le dynamisme communautaire des foyers étudiants Saint Julien et Notre Dame qu’accompagne aussi François Chevrier. Ensemble nous voulons servir le Seigneur et son Eglise afin d’ouvrir les « portes de la foi »[1], « servir la fraternité »[2], tracer des chemins d’espérance[3]. Peut-être avez-vous reconnu dans ce « programme » ce que la tradition de l’Eglise appelle les vertus théologales. Elles baliseront notre route cette année.




[1] « Porta Fidei » est la lettre apostolique de Benoit XVI pour promulguer l’année de la foi qui débutera le 11 octobre 2012, qui commémore le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. L’année de la foi sera l’occasion pour nous de nous réapproprier des fondements de la foi chrétienne. http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/motu_proprio/documents/hf_ben-xvi_motu-proprio_20111011_porta-fidei_fr.html
 [2] Cette année nous serons aussi associé à la démarche « Diaconia 2013, Servons la fraternité » proposé par les évêques de France - http://diaconia2013.fr/ A Tours, les 10 et 11 novembre 2012, nous vivrons « le Festival Saint Martin, Festival du partage » avec la diaconie du Var, Glorious…

[3] Le grand rendez-vous de l’été sera aussi les JMJ à Rio (Brésil) qui ont pour thème « Allez de toutes les nations, faites des disciples » Mt 28,19. Cf. http://jmj2013.catholique.fr/. Aude et Maxime sont nos délégués : https://www.facebook.com/pages/JMJ-Tours-Rio-2013/100311613364680

8ème extrait de la lettre de rentrée 2012